Ça nous fait un point commun… (Épisode1/3)

          Année 4512. Véga. Le gouvernement contrôle les habitants avec des lentilles connectées. Dès leur naissance, on leur implante des lentilles sur les yeux. Dans ces lentilles sont incrustés plusieurs caméras et micros reliés aux ordinateurs de l’État. Avec ça, ils manipulent les civils et leur font faire toutes sortes de choses.

River Jones, hacker pour le gouvernement depuis ses 16 ans se rend compte que ses lentilles de contact ne fonctionnent plus. Ainsi il découvre le monde sous un autre œil…

 

          Année 4512. Montréal, Canada. Le docteur Vladimir Dareshow vient de finir son expérience qui consiste à dupliquer du sang humain. C’est un vrai succès. Lui et ses acolytes enlèvent des habitants de Montréal pour les transformer en cobayes. Les victimes sont soigneusement sélectionnées. Elles ne doivent avoir aucune histoire et aucun proche pour que leur disparition passe inaperçue.

Joy Cooper est une jeune femme âgée de 20 ans. Elle étudie en faculté de médecine. Étant toujours à l’écart et possédant un groupe sanguin de type « O », elle peut ainsi devenir un parfait sujet d’expérience pour le Dr. Dareshow.

 

Un jour, River se rend compte que ses lentilles dysfonctionnent. Comme il se rappelle que les personnes aux lentilles défectueuses sont envoyées dans un endroit où elles sont ensuite exécutées, il ne va surtout pas signaler son problème. Il a pourtant oublié un détail qui va lui jouer des tours : les lentilles suppriment toutes ses émotions. Ainsi, il découvre la vraie face du monde mais aussi celle du gouvernement qui manipule les siens depuis beaucoup trop d’années.

          River. C’était une journée comme les autres, enfin c’est ce que je croyais. C’était un jeudi, il devait être aux alentours de 15h00. Le temps était radieux, comme tous les jours à Véga. Je marchais dans les rues pour me rendre à mon travail. J’étais hacker pour le gouvernement, je trafiquais quelques ordinateurs pour eux. Je n’appréciais pas vraiment travailler pour ses tyrans, car oui, c’était des tyrans. Comme j’étais plutôt efficace, ils ne me reprochaient jamais rien. Et quand je voyais le traitement réservé aux autres, je me sentais chanceux.

 

Ce matin, comme chaque matin depuis deux ans, Joy Cooper, étudiante en médecine à l’université Alfonso X El Sabio se rendait à l’hôpital pour enfant de Montréal. Là-bas, sa petite sœur Hailey, 10 ans, était hospitalisée suite à un terrible accident de voiture survenu trois ans plus tôt. Ses parents n’avaient malheureusement pas survécu à ce drame. C’est pour pouvoir aider sa petite sœur dans le coma que Joy avait décidé d’étudier la médecine.

          Joy. Je marchais le long de l’avenue Lincoln. Alors que la ville s’éveillait, l’air glacial de Novembre faisait légèrement rougir mes joues et mon souffle régulier emportait mes pensées dans un nuage de vapeur. Cette date était particulière pour moi car c’était mon anniversaire. Mais même en ce jour qui devrait être une fête, je restais seule. Personne ne s’intéressait à moi, je n’avais pas d’amis et Hailey était ma seule famille.

Pour l’occasion je m’étais donc contentée de mettre ma tenue favorite. Je portais une jupe en velours pourpre que j’avais soigneusement assortie avec ma veste en cuir cloutée que je tenais de ma défunte mère. Alors que mes petites bottines foulaient le macadam, mes cheveux que j’avais attachés avec des rubans de soie me fouettaient le visage à chaque pas. Je me sentais moi-même dans cette ville encore endormie.

 

          River. J’avançais à travers les rues métallisées, dans lesquelles les immeubles n’étaient faits que de verre et d’acier. Tout était bleu et gris. Soudain j’aperçus, au loin, une lueur indigo. Intrigué, je m’approchai lentement et je m’engageai alors dans une impasse.

Au fond, une sorte de « portail temporel » s’était ouvert comme s’il m’incitait à y pénétrer. Je ne savais que dire devant cette chose encore inconnue pour moi. Heureusement mes lentilles étaient déconnectées, sinon, le gouvernement et la brigade policière auraient déjà rappliqué.

J’ai jeté un rapide coup d’œil derrière moi pour m’assurer que j’étais seul avant de plonger mon pied droit dans la matière gluante qui formait le portail. Une fois le pied dedans, je plongeais tout mon corps à l’intérieur.

 

          Joy. En arrivant à l’hôpital, un homme d’une quarantaine d’années retint mon attention. Il était grand, le crâne légèrement dégarni. Il portait un long manteau gris qui se fondait dans la brume matinale.

Je ne le connaissais pas mais je sentis que lui et moi étions liés d’une certaine manière. Je le fixais un instant puis je rentrais dans l’hôpital. Le bâtiment était un labyrinthe de couloirs blancs. Une odeur écœurante de café froid flottait dans l’air. Je me présentais alors à l’accueil mais la secrétaire n’était pas là. Soudain, je sentis un souffle chaud sur mon épaule. Surprise, je fis volte-face. L’homme au manteau gris était là, devant moi, le visage baigné de larmes.

 

         River. Le portail débouchait dans une sorte de hangar immense rempli de cercueils. Je trouvais cet endroit plus que lugubre.

Au loin, j’entrevis une porte avec un panneau qui indiquait la sortie. Discrètement, j’atteignis la porte, je regardai derrière moi avant de la franchir.

Je fus ébloui par la beauté de ce nouveau monde baigné de couleurs vives : du jaune, du rouge, du violet, du vert, du rose et tant d’autres…Chez moi il n’y avait que des nuances tristes, aucune explosion de couleurs. Ce monde me semblait tellement différent du mien, tellement plus vivant. Les habitants avaient les yeux de toutes les couleurs, tandis que sur Véga, nous avions tous les yeux noisette.

Les gens autour de moi criaient et riaient à gorge déployée. Moi, je ne savais pas rire ni crier. Les gens d’ici faisaient des choses merveilleuses que j’étais incapable de faire.

J’ai passé une journée fantastique que je n’oublierai sûrement jamais. J’ai goûté des aliments aux saveurs exotiques que je ne connaissais pas jusqu’à présent. Ma seule peur était le regard des habitants, le regard que l’on pose sur un étranger. Et s’ils m’avaient démasqué? Et s’ils savaient que je venais d’un autre monde ? Ces questions résonnaient dans ma tête et elles me poussèrent à regagner le hangar, le portail puis mon appartement. Néanmoins, je me promis d’y retourner le lendemain…

 

Emma et Léna.

 

Suite au prochain épisode…

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