L’Oublié. Épisode 2/3

Je commençai mon installation dans ma nouvelle maison en me débarrassant de toutes les babioles et vioqueries, mis à part dans le petit salon que je considérais comme mon temple de prières dédié au souvenir de ma grand-mère et de mes parents, dont j’avais installé le portrait sur la commode, à droite de la porte.

C’est dans la salle de vie, comme l’appelait Mamie, que j’installai mon Q.G. Il était composé des trois ordinateurs, tournés de manière à pouvoir tous les voir en même temps, d’un lit juste à côté du bureau, et d’une armoire que j’avais remplie de nourriture et de boissons.

Un des trois ordis me servait à surveiller les trois caméras disposées à l’entrée, devant le jardin et au-dessus du couloir. L’autre ordi me servait à me renseigner, me documenter sur ce que j’appelais maintenant « le Monde Extérieur ». Le dernier, lui, me servait à coder directement depuis un panneau de commandes.

Mon père était informaticien et avait essayé de me transmettre sa passion. À présent je m’en voulais de ne l’avoir que si peu écouté. Ça m’aurait été utile.

La première chose à faire selon moi était d’effacer toute preuve de mon existence avant que la police ne rapplique.

Je mis une semaine pour le faire ; pour un novice il était compliqué d’effacer tout passage dans des écoles, sites internet, clubs et surtout toutes les traces de localisations laissées par mon téléphone, que j’avais  laissé à Paris.

Mais je savais pertinemment que cette maison n’était qu’une étape, les services allaient chercher tout lieu dans lequel j’aurai pu être susceptible d’aller. Heureusement pour moi, cette maison était destinée à mes parents, qui, avaient quant à eux décidé de la léguer au frère de mon père, qui habitait en Aquitaine et n’y portait aucun intérêt. J’étais tranquille pendant un petit moment, car ayant effacé mes traces, la police ne saurait pas que j’avais existé un jour, à part si mon oncle et ma tante me recherchaient, ce qui était très peu probable.

Mais j’ai tout de même changé de stratégie ; après avoir effacé mes traces, j’ai décidé de me faire passer pour mort. Plus jamais d’ennuis, comme ça.

Mais c’était loin d’être simple. J’ai créé plusieurs sites ;  trois sites de presse et quatre de pompes funèbres, que j’ai utilisé pour envoyer des messages à mon oncle, les journaux affichaient « Un adolescent en fugue s’est noyé dans le lac de Ploumanach ; il voulait échapper aux policiers qui le poursuivaient… » ou encore « Les services n’ayant pas réussi à trouver sa famille, les pompes Funèbres de Fraines se sont proposées pour l’enterrer gratuitement, une belle preuve de compassion ».

Peut-être allait-t-on lancer une enquête. Peut-être pas.

Moi, j’avais réussi à me faire tomber dans l’Oubli.

Mais l’Oubli n’était qu’une étape.

Et la suivante était l’Entrée en Scène….

Suite au prochain épisode

 

La Mine affûtée.                                                                                                   

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